Se sortir de l’hiver (signé Marian)

Marian nous raconte son départ en motorisé vers le Mexique.  Si vous avez manqué le premier article de sa grande aventure, c’est par ici!

Ça y est! Nous voilà enfin en direction du Mexique! La fébrilité est à son comble alors que nous parcourons les premiers kilomètres de notre périple : bébé est bien au chaud et paisiblement endormi dans sa coquille, et je suis installée dans le siège passager armée de mon laptop pendant que mon homme conduit notre Bertha. C’est le nom que j’ai affectueusement donné au motorisé, un clin d’œil à mamie qui veille sur nous de là-haut. Elle aurait détesté, elle qui se plaignait qu’on surnomme ainsi tout ce qui est gros!

Je dois avouer que les préparatifs n’ont pas été de tout repos. Nous qui avons l’habitude des voyages sac à dos minimalistes, nous avons trouvé interminable la liste des choses à emporter, d’autant plus que nous devions veiller au confort de bébé. Heureusement, ce qui semblait prendre tant de place dans la maison s’est facilement rangé dans le motorisé.

J’avais vraiment hâte de prendre la route pour enfin relaxer, après ces quelques semaines d’organisation intensive : l’itinéraire, les assurances voyage, les assurances automobiles propres au Mexique, le passeport du petit… Au fait, savez-vous à quel point il est difficile, dans une pharmacie, de prendre une photo passeport acceptable d’un bébé de deux mois? Je remercie encore la seule et unique dame qui a bien voulu se prêter au jeu, après que nous ayons essuyé le refus de quatre autres établissements. Sur le cliché, il ne faut voir ni les doigts du parent qui maintient l’enfant en position assise (bébé ne se tenait pas encore la tête), ni le moindre pli sur la couverture blanche, s’il est couché sur le dos (essayez ça avec un poupon qui gigote). Ah oui, et il faut réussir ce tour de force tout en attirant son attention pour qu’il regarde la lentille et montre la couleur de ses yeux. Des yeux qui, dois-je le rappeler, sont encore gris et vont fort probablement changer de couleur en cours d’année. Ça relève de l’exploit!

Puisque nous partions du Québec en plein hiver, nous étions à la merci de miss météo et avons dû planifier le départ de façon à éviter toute tempête. Les motorisés sont autorisés à rouler en pneus d’été, mais nous ne voulions surtout pas prendre de risque à ce chapitre. C’est donc sous un soleil aveuglant et sur une chaussée sèche que nous avons levé les voiles la veille d’une tempête hivernale. Nous devions idéalement rouler suffisamment au sud pour éviter la neige, soit jusqu’à Buffalo, où la dépression annoncée allait tomber sous forme de pluie.

C’est toujours bien beau et impressionnant de se sortir de l’hiver. Partir le matin avec 5 pieds de neige dans sa cour, puis arriver à destination quelques heures plus tard avec à peine quelques taches blanches qui jonchent le sol ici et là. On dirait que nous avons fait avancer l’hiver en marche rapide jusqu’au printemps, et c’est loin d’être déplaisant!

C’est donc dans un décor printanier que nous avons passé notre première nuit. Grâce à la chaufferette du motorisé, nous étions très confortables tous les trois. C’était un peu comme du camping sauvage. Puisque les tuyaux étaient encore hivernisés, nous devions attendre une ou deux journées de plus avant d’utiliser l’eau, soit lorsque la température serait plus clémente, et que tout risque de gel serait derrière nous.

Déjà 600 km de parcourus : plus que 4 000 pour se rendre à destination!

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