Une nuit en refuge avec les cocos

L’idée

Partir dans la forêt, sac au dos, avec tout le nécessaire pour souper, passer la nuit et déjeuner.  Marcher dans un petit sentier sur un kilomètres ou deux jusqu’à enfin apercevoir notre refuge pour la nuit.  Vivre et dormir sans électricité, cuisiner sur un rond au butane, s’éclairer à la chandelle ou la frontale, devoir sortir à l’extérieur pour les pipis. Dormir dans un lit superposé avec son sac de couchage et les bruits de la forêt.  Je ne sais pas pour vous mais pour moi, l’idée d’aller vivre ça avec mes cocos, ça avait quelque chose de magique.  Instructif en même temps de voir ce que ça fait de ne pas avoir d’électricité, on comprend mieux alors ce que ça nous apporte au quotidien.  Ressourçant de quitter les jouets et la télévision pour se retrouver tout ce temps perdus en pleine nature.  Gratifiant le fait de transporter tout le nécessaire à sa survie.  On n’a tellement pas besoin de grand chose au fond.

Les préparatifs

C’est donc avec cette idée en tête que je me suis mise à chercher un refuge pour 5 (notre famille + mon filleul de 7 ans).  À ma grande surprise, j’ai facilement trouvé à Orford à un peu plus d’un mois de préavis.  Le Vieux Camp, un refuge pour 6 (fallait payer la place libre pour l’avoir exclusivement), à 1,2 km de l’accueil, c’était vraiment parfait pour nous.  Rendus à l’heure des bagages, on s’est mis en mode « simplifier ».  D’abord, pas de rond au butane ni de gamelle, on a décidé d’apporter des repas froids déjà prêts : sandwich pour le souper puis bagels et muffins pour le déjeuner.  Bonne décision puisqu’après avoir rempli nos 2 gros sacs avec les 5 sleepings, les 5 oreillers, tout l’eau nécessaire, nos vêtements et pyjamas (les enfants transportaient leur linge) ainsi que la nourriture, il ne restait plus vraiment de place.

L’expérience

Jour J, 15h, il fait 15°C pour un 19 novembre, la température est parfaite.  La dame nous recommande le sentier multifonctionnel mais on choisit plutôt le sentier en forêt.  Bon choix puisqu’avec les roches et les racines, mes enfants sont toujours plus motivés à marcher (faut croire que ça leur prend un petit défi!).  Les grands (6 et 7 ans) courent presque devant, le sac à dos ne les ralentit pas.  Mon petit (3 ans) a besoin d’un peu plus d’encouragement.  Il est habitué à alterner durant les randos entre la marche et mes épaules mais cette fois-ci, avec le sac à dos, mes épaules ne sont pas disponibles.  On trouve enfin le refuge, il commence à faire noir.  On s’y installe puis on soupe.  Il fait tellement beau qu’on se décide de manger le dessert devant un petit feu extérieur.  On danse sous les milliers d’étoile puis, même s’il n’est que 18h30, les petits se sentent prêts au dodo avec cette noirceur qui est si vite arrivée.  Mais bon, comme tout événement un peu excitant, ça placote durant une heure pour finalement s’endormir, confortable avec notre poele au propane nous tenant au chaud.  Le lendemain, la journée est pluvieuse et nous incite à repartir dès le déjeuner avalé et les bagages refaits.  Le retour est un peu plus difficile pour mon 3 ans (la fatigue, le sentier multifonctionnel?) mais on arrive tous à l’accueil et les parents se récompensent d’un bon café (pas de brûleur = pas de café au réveil, ouch! 😉 )

La conclusion

Ça a été une belle expérience avec les cocos, à refaire.  Avec les années, ils pourront marcher de plus en plus longtemps et aussi transporter de plus en plus de stock, ce qui changera graduellement le visage de nos expéditions!  Côté leçons de vie sur notre niveau de confort, l’électricité, etc…  Eh bien je crois que les enfants ne se sont mêmes pas rendus compte du côté rudimentaire de l’expérience.  Pour eux (du moins encore à leur âge), dormir dans un chalet de luxe ou un refuge sans eau ni électricité ne semble pas faire de différence.  Les 2 plus grands, cousin et cousine, se sont surtout bien amusés ensemble, avec leurs frontales et les quelques jeux apportés (jeux de carte et crayons-papier).  Le plus petit avait mis sans que je m’en rende compte des blocs de bois dans son sac (note à moi-même : toujours vérifier les sacs des enfants avant le départ!; je comprends maintenant pourquoi son sac me semblait si lourd!).  Il s’est amusé un peu avec ceux-ci mais je crois que ç’aurait été gagnant que j’amène une ou 2 petites autos.  Avec la noirceur et la pluie, le divertissement était un peu limité.  En passant, si vous décidez de jouer à la cachette dans un refuge, faites attention : il peut y avoir des trappes à souris cachées sous les lits!  Heureusement, personne ne s’est fait pincer!  Bref, si vous avez le goût de vous lancer dans cette aventure, n’hésitez pas.  Pas besoin de grand matériel spécialisé, des sleepings de base et de gros sacs à dos (empruntés à des amis au besoin) et vous êtes prêts pour l’aventure.  Le plus important selon moi : choisir une distance de marche adapté aux jambes de nos tout-petits.

Bonne expédition!

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