Faire place au vide

Début novembre… Les derniers mois ont été des plus occupés.  À la maison comme au travail, il a fallu prioriser.  Un petit moment de libre, un moment d’attente?  Ma récompense était de m’asseoir pour naviguer sur les réseaux sociaux, mon petit moment à moi.

Début novembre… La roue tourne un peu moins vite.  Pourtant, ma créativité semble m’avoir abandonnée.  Aucune idée d’article pour le blogue, l’inspiration semble m’avoir quittée.  Le soir, je m’écroule, fatiguée, dans mon lit invitant.  Comment faire renaître ma motivation?

Je navigue sur les réseaux sociaux. J’y découvre deux choses qui me frappent, me font réfléchir.  Tout d’abord le magazine Lentement.  Quel pari que de vouloir vivre lentement dans notre société!  Et moi, est-ce que je réussis à ralentir?  Plusieurs de mes décisions vont en faveur d’un ralentissement : travailler 4 jours au lieu de 5, modifier notre horaire familial de travail pour permettre aux enfants de revenir directement à la maison après l’école et alléger notre « 5 à 7 », etc.  Pourtant, j’ai encore continuellement le sentiment d’être à la course.  Notre to-do list est toujours interminable et on coure du matin au soir le week-end pour ne la réduire que de façon insatisfaisante.  Je regarde la table des matières du magazine Lentement : on y parle entre autres de tricot.  Je me souviens comment tricoter me faisait du bien, me vidait l’esprit.  Et pourtant, je l’ai abandonné, faute de temps.  Et si on s’arrêtait davantage pour choisir ce qui est important pour nous au lieu d’agir sans cesse et sans y réfléchir?

Je navigue sur les réseaux sociaux et découvre le défi lancé par Les Belles Combines, le défi que j’ai choisi de réaliser cette semaine. Pas d’écran dans la maison de 5h à 8h chaque soir.  J’y réfléchis.  Serais-je capable?  On dirait que je ne sais plus quoi faire d’autre pour relaxer.  Et pourtant, même si mon popotin relaxe sur le divan quand je suis sur l’électronique, mon cerveau est constamment hyperstimulé.  Et j’ai de moins en moins de plaisir à recevoir toutes ces notifications dont plusieurs ne m’apportent en réalité aucun bien-être.  J’annonce à mon conjoint mon souhait de participer à ce défi : il est heureux de ma décision.  Lui aussi veut ralentir à sa façon en reprenant le jogging, du temps pour lui dans le silence, la remise en forme et les endorphines.  Je sais que le défi 5 à 8 sans écran est une bonne chose pour moi mais si je veux réussir il me faut un plan.  Les Belles Combines seront là pour me supporter (et m’encouragent d’ailleurs continuellement à devenir un meilleur parent) mais il me faut personnellement redécouvrir ce qui me fait du bien, ce qui peut combler mes moments d’attente et m’aider à relaxer.

Je choisis de ressortir ce projet de tricot qui prend la poussière. Je décide de débuter un projet de carte de l’Amérique du Nord pour préparer notre grand voyage.  Je songe à colorier des mandalas plus souvent avec mes enfants.  Je souhaite faire des séances de yoga avec eux.  Je veux faire de la cuisine en leur compagnie en leur laissant choisir les recettes.  Mes deux enfants développeront ainsi leurs habiletés en cuisine, passeront un bon moment en ma compagnie et seront fiers d’avoir leur dessert fait maison dans leurs boîtes à lunch.  Je veux écrire plutôt que lire sur mon écran.  Tant pis si je ne suis pas au courant de tout ce qui se fait ailleurs avant de composer mes propres articles.  Je veux utiliser davantage de moyens de transport alternatifs.  Je veux marcher jusqu’à l’école, marcher sur l’heure du dîner, utiliser le vélo ou l’autobus pour aller au travail.  Je veux faire de la place au vide.  Vous savez, ces moments où les mains et/ou les jambes bougent de façon répétitive (ou non!) mais que le cerveau est libre de penser à sa guise.  Ces moments peuvent sembler contre-productifs : pourquoi cuisiner ou faire un jardin plutôt que d’aller à l’épicerie, pourquoi perdre 30 minutes dans l’autobus au lieu de prendre l’auto et de s’y rendre en 5 minutes?  Et pourtant ils sont nécessaires à notre santé mentale.  Ils seront un investissement pour favoriser ma créativité.  Ne dit-on pas d’ailleurs qu’elle naît du vide?

Voici ma résolution pour cet automne : faire de la place au vide… pour mieux respirer, pour donner à ma vie le sens que je souhaite qu’elle ait. Plus lentement, moins d’écrans et davantage de bien-être.  Déjà, juste avoir écrit cet article me fait du bien.  Un sentiment de profonde satisfaction, que je fais un pas dans la bonne direction…

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